Source : youtube.com/@Honneur_et_Patrie
23 novembre 1944, avant l’aube. Les chars de la deuxième division blindée descendent des Vosges dans le brouillard, tous feux éteints, et foncent sur Strasbourg. En quelques heures, la ville tombe par surprise, et un drapeau tricolore est hissé sur la flèche de la cathédrale. Ce geste tient une promesse faite trois ans plus tôt, à des milliers de kilomètres de là, dans le désert de Libye.
Le deux mars mille neuf cent quarante et un, après la prise du fort de Koufra, première victoire de la France libre, le colonel Leclerc avait fait jurer à ses hommes de ne déposer les armes que le jour où les couleurs françaises flotteraient sur la cathédrale de Strasbourg. Le serment de Koufra. À l’époque, la promesse était presque insensée.
Cette vidéo raconte comment ce serment a été tenu à la lettre. Comment Philippe de Hauteclocque, devenu Leclerc pour protéger sa famille, a rallié le Cameroun à la France libre, pris Koufra avec une poignée d’hommes, remonté le Sahara par le Fezzan, tenu tête aux chars allemands à Ksar Rhilane. Comment sa colonne du désert est devenue la deuxième division blindée, débarquée en Normandie, première dans Paris. Et comment, le vingt-trois novembre mille neuf cent quarante-quatre, après la percée américaine de la trouée de Saverne, cinq de ses colonnes ont surgi des montagnes pour prendre Strasbourg avant que l’ennemi ait pu se ressaisir.
La colonne du colonel Rouvillois entre la première dans la ville et envoie le message codé attendu depuis le désert : Tissu est dans Iode. Strasbourg est atteinte. Les autres colonnes réduisent les forts qui ceinturent la place ; sur le Rhin, le pont de Kehl reste aux mains des Allemands. Mais l’essentiel est acquis en une journée. Sur la cathédrale, les couleurs promises sont hissées, et parmi les hommes qui entrent, certains avaient prêté serment à l’oasis, en mille neuf cent quarante et un.
L’histoire ne s’arrête pas là. En janvier mille neuf cent quarante-cinq, l’offensive allemande Nordwind menace de nouveau la ville, et le commandement allié envisage de l’abandonner. De Gaulle refuse, retire la première armée française du commandement allié, et ordonne de tenir Strasbourg. Après l’arbitrage de Versailles et l’appui de Churchill, la ville est conservée. Reprise en novembre par les chars de Leclerc, tenue en janvier par les fantassins de de Lattre.
Peu de serments de guerre ont été tenus avec cette exactitude. D’une oasis perdue du Sahara à une flèche de grès rose en Alsace, la deuxième division blindée a porté sa promesse du sable à la pierre.